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Jean-Luc GIBELIN Le 19 Novembre 2019
Vice-président
en charge des mobilités
et infrastructures de transports


Au nom de la Région Occitanie et dans le cadre de mon mandat de Vice-Président en charge des Mobilités et Infrastructures de Transports je tiens à réaffirmer aux associations de défense des usagers et aux syndicats que nous sommes opposés à la décision unilatérale de la direction SNCF de mettre en place la nouvelle organisation EAS, « équipement agent seul ».
Je me suis exprimé en Assemblée Plénière dans ce sens en ces termes : « la présence humaine a été une exigence forte de la négociation serrée que nous avons menée lors de la rédaction de la convention TER, qui, s’il est utile de le rappeler encore devant cette assemblée, se singularise dans le paysage national par sa nature offensive et sa dimension de développement ».
En effet non seulement la mesure EAS remet en cause la sécurité de toutes et tous à bord, mais elle ne correspond pas à ce que nous avons signé en 2018 dans le cadre de la convention Ter Occitanie.
La Région Occitanie a été la seule à imposer dans le préambule de sa convention l’engagement du maintien de l’emploi opérationnel des cheminotes et des cheminots durant les huit années qui couvrent sa réalisation. Le métier de contrôleur fait partie de cette catégorie.
Demander le retour des contrôleurs reviendrait à dire à la SNCF que nous avons accepté leur départ. Or je rappelle qu’aucun avenant « équipement agent seul » à ce jour n’a été proposé à la Région Occitanie par la direction territoriale SNCF.
J’ai expliqué devant notre assemblée plénière que les expérimentations EAS limitées en Occitanie et voulues par la direction de la SNCF devront faire l’objet d’une évaluation partagée, et tenir compte de tout ce qui a été contractualisé lors de la signature, à savoir un accord de préservation de l’emploi ferroviaire, un accord de maintien de la présence humaine dans les gares ET les trains, pour assurer sécurité, information voyageurs, accessibilité, prévention.


Je tiens aujourd’hui à mettre un terme à toute tentative de discrédit, j’en profite pour faire une mise au point qui, je l’espère, sera la dernière.
En tant que région de gauche, nous avons fait le choix de conventionner avec l’opérateur historique dans un cadre de service public. Nous ne sommes absolument pas co-responsables des décisions de la SNCF. Nous n’avons pas eu pour mandat de conventionner avec une SNCF virtuelle et la réalité de cette maison est souvent décevante. Pour autant fallait-il que nous abandonnions cette priorité de service public à l’appétit d’un opérateur privé? Je ne crois pas. Fallait-il céder aux inquiétudes et bâcler la négociation en signant trop vite tout et n’importe quoi ? Je ne crois pas non plus. Dans un contexte national qui précarise toujours plus les services publics, et dans le cadre d’un projet de SNCF, Cap TER 2020, qui n’est pas bon, je considère que notre convention, après 18 mois de négociation, a permis de grandes avancées dans la pérennisation puis le développement des transports sur notre territoire.


Les dirigeants de SNCF Mobilités avaient pour mission de fermer un tiers des gares, de supprimer la présence humaine dans les trains, de signer pour une durée de deux ans, et de poursuivre une diminution de l’emploi. Nous avons imposé ce préambule avec l’égalité de l’emploi fonctionnel et opérationnel cheminot, la présence humaine dans 94 sur 96 gares dans lesquelles il y en avait encore. Nous avons réussi là où aucune autre région n’a eu gain de cause. Notre négociation offensive a surpris et nous avons progressé sur bien des points au regard de ce qui s’est produit ailleurs en France.

Que seraient les transports dans notre région sans convention TER ?

Je redis aujourd’hui que la meilleure façon d’agir pour le maintien de la présence humaine consiste à soutenir notre convention. Ceux qui se sont abstenus ou ont voté contre en 2018 devraient y réfléchir.
J’invite enfin les cheminot-es et les associations à s’emparer de manière offensive de ce préambule et de cette convention.

Jean-Luc GIBELIN
Vice-Président